Un cœur qui bat sous la carrosserie
Samuel Bambi entre en scène comme on entre dans une usine désaffectée à minuit. Les néons clignotent, les machines toussent de la rouille, et lui commence à parler tout seul, juste pour nous asséner qu’il n’est pas un homme, mais une machine. La phrase tombe, lourde. Et tout le spectacle consiste ensuite à la démentir, méthodiquement, sans jamais le dire. Car derrière le débit de mitraillette, l’énergie qui ne retombe jamais et cette façon d’enchaîner sans reprendre son souffle, il y a un type qui parle de sa famille, de ses doutes, de son besoin de plaire. Il ne laisse aucun blanc, jamais, comme s’il craignait ce qui pourrait surgir dans le silence. C’est épuisant à suivre et absolument jubilatoire. Explosif, spontané, redoutablement efficace, ce spectacle d’humour à Perpignan avance à un rythme que peu d’humoristes tiendraient une heure entière, et il faut bien reconnaître que la comparaison avec une machine n’est pas totalement usurpée.
Samuel Bambi en quelques repères
Samuel Bambi monte sur scène pour la première fois en 2010, dans les cafés-théâtres parisiens et les scènes ouvertes, où il rode ses premiers textes devant quelques dizaines de spectateurs.
Il se fait d’abord connaître en duo avec Younès, sous le nom de L’Arabe et le Juif, formation avec laquelle il se produit régulièrement au Jamel Comedy Club et au festival Marrakech du Rire.
Après la séparation du duo, il crée son premier véritable seul-en-scène, co-écrit avec Jonathan Demayo et Benjamin Ifrah et mis en scène par Nicolas Nebot. Après le Théâtre du Marais puis le Petit Palais des Glaces, à guichets fermés, il s’installe au Grand Palais des Glaces, à Paris, en septembre 2024, avant de partir en tournée dans toute la France.