Retour sur les bancs de la classe
Et si l’on replongeait dans le chaos joyeux des salles de classe, là où les carnets de correspondance volent bas et où les notes dansent une valse folle ? Le mot seul suffit à faire surgir les fantômes hilarants des profs zélés, des récréations en pagaille, des bulletins qui piquent et des mensonges maison. Booder connaît son sujet, et surtout il connaît son public : chacun a été cet élève-là, ou a bien connu celui qui l’était. Il rejoue les silences gênés devant le tableau, les stratégies pour ne pas être interrogé, l’inventivité sans limite du cancre qui devient, l’espace d’une heure, un personnage de comédie à part entière. Sa force est ailleurs que dans la moquerie : il y a chez lui une tendresse constante pour ces années bancales, et une gratitude tranquille envers ceux qui lui ont fait confiance. Drôle et affectueux, ce spectacle d’humour à Perpignan fait rire de ce que l’école a de plus absurde tout en lui rendant, au fond, un hommage sincère.
Booder en quelques repères
De son vrai nom Mohamed Benyamna, Booder est né à Bouarfa, au Maroc. Sa famille s’installe en France pendant son enfance et il grandit dans le quartier de la Grange-aux-Belles, à Paris.
Après un baccalauréat de comptabilité, il se consacre à l’humour et prend un pseudonyme en hommage au footballeur marocain Aziz Bouderbala. Il commence en trio dans les théâtres parisiens avant de passer au solo.
Au cinéma, il se fait connaître dans Neuilly sa mère !, de Gabriel Julien-Laferrière, succès surprise sorti en 2008, puis obtient son premier rôle principal dans Beur sur la ville en 2011. Son précédent spectacle a été joué 800 fois devant plus de 900 000 spectateurs sur trois ans, et s’est achevé au Dôme de Paris le 8 juin 2024.