Capter les silences ridicules
Arecibo évoque un radiotélescope géant qui scrutait le ciel dans l’espoir de déceler une vie au-delà de l’infini. À des milliers de kilomètres de là, seul sur scène avec son allure de premier de la classe qui cache bien son jeu, Louis Cattelat capte nos silences ridicules et les transforme en rires qui claquent. Envoyer un message dans le vide et attendre une réponse qui ne vient pas : voilà à peu près ce que nous faisons tous, tout le temps, avec nos proches, nos amours, nos familles. Il le dit sans pathos, avec une précision d’écriture qui surprend. La phrase paraît anodine, on sourit, et deux secondes plus tard on comprend qu’elle était beaucoup plus tranchante qu’annoncé. Il parle de lui, de sa sexualité, de ce qu’il n’arrive pas à dire, et il en fait de l’humour noir qui reste étrangement doux. Fin, juste, mordant, ce spectacle d’humour à Perpignan tient autant du seul-en-scène que de la tentative sincère de se faire comprendre.
Arecibo et Louis Cattelat en quelques repères
Le radiotélescope d’Arecibo, installé au creux d’une colline de Porto Rico, portait un réflecteur de 305 mètres de diamètre. C’est de là qu’a été émis, le 16 novembre 1974, le message d’Arecibo, un signal radio contenant des informations élémentaires sur l’humanité et la Terre, dirigé vers l’amas globulaire Messier 13. Il n’a été envoyé qu’une seule fois. L’instrument s’est effondré le 1er décembre 2020, après la rupture successive de plusieurs câbles de support.
Louis Cattelat est originaire de Montpellier. Après une hypokhâgne, il intègre en 2019 la CinéFabrique de Lyon, en option scénario. Il remporte en 2022 le concours national de stand-up Kandidator, ce qui lance sa carrière sur scène après un premier seul-en-scène, Paroles, Paroles. Il est également chroniqueur dans Quotidien, sur TMC, et scénariste au Bureau des auteurs de Canal+.