Le ballet des ballets
On l’appelle ainsi, et pour une fois le surnom n’est pas exagéré. La Belle au bois dormant réunit tout ce qu’un ballet classique peut offrir : une histoire que tout le monde connaît depuis l’enfance, une partition parmi les plus somptueuses jamais écrites pour la danse, et une chorégraphie qui exige des interprètes une virtuosité presque insolente. Il y a la fée Carabosse et sa colère, le fuseau, les cent ans de sommeil, le baiser. Mais il y a surtout, dans le dernier acte, cette succession de variations où chaque danseur vient jouer sa vie sur quelques mesures. Les costumes brillent, les tutus s’alignent, le corps de ballet dessine des figures d’une géométrie parfaite. Les enfants suivent le conte sans avoir besoin qu’on le leur explique ; les adultes regardent, eux, la difficulté que la grâce dissimule. Rien ne vieillit dans ce ballet classique à Perpignan, et c’est peut-être cela le plus étonnant : il a plus de cent trente ans et il n’a pas pris une ride.
La Belle au bois dormant en quelques repères
Le ballet est créé le 15 janvier 1890 au théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. La musique est de Piotr Ilitch Tchaïkovski, qui lui donne le numéro d’opus 66, et la chorégraphie de Marius Petipa. Le scénario est signé Ivan Vsevolojski, alors directeur des théâtres impériaux de Russie, qui est aussi à l’origine de la commande passée au compositeur.
L’œuvre se compose d’un prologue et de trois actes, répartis en cinq tableaux. Elle s’inspire du conte de Charles Perrault, avec des éléments empruntés à la version des frères Grimm, intitulée Dornröschen.
C’est le deuxième des trois grands ballets de Tchaïkovski, entre Le Lac des cygnes et Casse-Noisette, et il figure aujourd’hui au répertoire de la quasi-totalité des grandes compagnies classiques, qui en donnent chacune leur propre lecture.